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Armageddon Expo (Australie) : Compte-rendu

Armageddon Expo (Australie) : Compte-rendu
François Provost

Salut Comics Wire !

De passage à Melbourne dans le cadre d’un voyage, je me suis dit que ce serait l’occasion de faire plaisir à mon éditeur Olivier en lui préparant un petit compte-rendu de la Armageddon Expo, la convention geek prenant place à Melbourne ce week-end dernier (19-20 octobre). Je précise tout de suite que je n’ai pas eu l’occasion de trop m’y attarder à cause d’un emploi du temps chargé, vous me pardonnerez le manque d’exhaustivité de la chose.

Pour commencer, la Armageddon Expo est une convention itinérante entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande créée en 1995, qui prend ses quartiers plusieurs fois par an dans différentes villes : Sydney, Melbourne et Adelaide pour l’Australie, Auckland, Wellington, Christchurch et Hamilton pour la Nouvelle-Zélande. Le programme est à chaque fois différent suivant le moment de l’année où elle ouvre ses portes, mais il consiste en majorité à ce qu’on est en droit d’attendre d’une convention dans un pays anglo-saxon : comics, produits dérivés, panels, cosplays, et rencontres en tous genres.

En ce beau jour de printemps en Australie, les gens affluent très tôt et en nombre au Melbourne Showgrounds, un centre de convention en banlieue de la ville. Premier constat, la quantité de cosplayers semble quasiment égaler le nombre de visiteurs traditionnels : les gens sont beaucoup moins timides que dans nos contrées et n’hésitent pas à s’afficher dans les frusques de leurs héros préférés. Les gens achètent leurs tickets et rentrent peu à peu, malgré la foule tout se déroule de façon fluide. J’erre rapidement dans le gigantesque hall général où les booths dévoilent leurs contenus : comic-shops aux rayons modérés (pas de back-issues mais du bon TPB qui taxe à cause des prix à l’import), stands Pokémons, manga et japanimation, RPG, mais aussi vente de reproductions d’armes « célèbres », coin maquillages, arène de catch (true story, les gens sont plutôt fans ici), rencontres (payantes) avec des acteurs et heureusement, un artist alley de scénaristes/dessinateurs caché quelque part.


Le point négatif que je pourrai reprocher d’emblée à cette convention, c’est que contrairement à ce qui commence à se développer en France, cette convention est principalement axée sur la rencontre avec des acteurs de séries TV et de cinéma plutôt que sur les artistes qui « font » les comics. C’est un point de vue personnel, mais comme une grande partie de la culture geek est dérivée des comic-books, une telle situation me semble étrange. Mais je conçois aussi qu’il est difficile d’attirer des artistes à la réputation bien installée juste après le New-York Comic-Con – et la spécificité géographique de l’Australie doit aussi en décourager certains à faire le voyage.

Reste que les artistes locaux sont bien représentés, et quelques invités ont fait le déplacement : Dan Slott, scénariste de Superior Spider-Man, Brett Anderson de Astro City, Colin Wilson (Star Wars: Invasion), Tom Taylor (Injustice : Gods among us) et Cassandra James (Red Sonja).
Apparaissant de façon proéminente sur le flyer de la Convention, Kevin Eastman, co-créateur des Tortues Ninja, a annulé sa venue quelques jours auparavant… tout comme David Morrissey, incarnation actuelle du Gouverneur dans la série The Walking Dead.

Dan Slott, super humble quant à son travail et hyper avenant. Un plaisir.

Les files d’attentes vont très vite : peu ou pas de gens ne viennent voir les artistes de comics. J’avoue à Dan Slott, l’air un peu penaud, que je n’ai pas eu l’occasion de me pencher sur son Superior Spider-Man (le pitch me fait franchement tiquer mais hey, pourquoi pas ?). Pas de problèmes pour Dan Slott, celui-ci me répond jovialement que son travail est nul et que je ne devrais pas perdre mon temps ; vu la réaction que suscite sa présence (les gens présents sont vraiment heureux de pouvoir l’approcher), je lui assure que je n’en crois pas un mot, il signe mon TPB et me remercie de bien vouloir essayer. La confiance aveugle quand vous achetez un comic-book, vous la connaissez aussi.

Prochain arrêt, Colin Wilson. C’est un artiste néozélandais qui a entre autres travaillé pour 2000AD sur Judge Dredd, un spin-off de Star Wars et la série de Andy Diggle et Jock, The Losers. Il a aussi récemment participé à une anthologie sur Rocketeer. S’il reste assez confidentiel aux Etats-Unis, il est « curieusement » plutôt connu en Europe où il a participé dans les années 80-90 à quelques albums de La Jeunesse de Blueberry. Il a aussi dessiné l’album Du Plomb dans la tête, récemment adapté au ciné avec Sylvester Stallone et Jason Momoa. Il est toujours chez contrat chez Dargaud pour qui il a dessiné le prochain XIII Mystery. Colin Wilson était très sympa et heureux de parler un français teinté de l’accent du Sud, où il a vécu une dizaine d’années lors de son travail sur Blueberry (une série par ailleurs inconnue ici en Australie). Les petits jeunes qui le rencontrent en convention lui demande souvent du Star Wars, du coup il était ravi de pouvoir s’activer sur un sketch de Blueberry dans mon carnet de voyage. Grand monsieur.

Colin Wilson – Blueberry

Mon coup de coeur de la artist alley aura été Cassandra James, une jeune illustratrice très douée rêvant de grandeur : totalement à son aise dans l’univers DC, elle devrait très bientôt se faire proposer des projets vu sa cadence et la qualité constante de son travail. Elle vient d’ailleurs de signer chez Dynamite où elle proposera sa version de Red Sonja dans Legends of Red Sonja #2 dans le mois qui vient. Confidentialité oblige, elle n’avait malheureusement pas de planches de la guerrière rousse avec elle pour qu’on puisse jeter un oeil en avant-première sur place, mais je suis reparti avec un chouette head sketch permettant d’apprécier ce que nous réserve Cassandra – et chose qui ne m’arrive jamais, j’ai craqué sur une planche originale de Batgirl à la perspective de folie. Première planche originale, et certainement pas la dernière vu comme je ne me lasse pas de la regarder.

(Désolé pour la qualité, tu comprendras que je n’ai pas la place pour un scanner dans mon sac à dos)

Red Sonja par Cassandra James

Planche de Batgirl par Cassandra James : perspective folle.

Alors que s’égayaient autour de moi des costumes de plus en plus improbables, que les Stormtroopers de tous poils faisaient des rondes et que les catcheurs s’ébrouaient sur le ring, il a fallu que je m’éclipse. Au fond du hall gigantesque, des centaines de personnes faisaient la queue pour rencontrer Billy Boyd, Corey Feldman des Goonies ou Temuera Morrison (Jango Fett), ainsi que d’obscures (pour moi) célébrités de Star Trek, Harry Potter, Doctor Who ou Babylon 5… les annonces se succédaient le tout dans une ambiance cordiale et bon enfant (bref, comme ça devrait toujours se passer en convention). Les australiens savent prendre leur temps et apprécier les bonnes choses. À l’extérieur, cherchant à faire un break, la Belle (de la Belle et la Bête) croque dans un sandwich et discute avec un Link au féminin, alors que trois Jokers comparent leurs cicatrices avant de replonger dans la fournaise du Showgrounds. Dure journée pour tout le monde…

Je laisse le soin à Supergirl de clôturer cette session

Site web de la convention : http://armageddonexpo.com/au/

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